Je suis femme écrivant, femme de radio, femme de questions. Je suis éditrice (Trois Petites Truites Editions), animatrice d’ateliers radio, je suis à l’initiative de projets autour de la parole, habitée par le besoin de m’exprimer et de donner la parole.

Photo : Mélanie Hoffmann

Déverrouiller la langue figée par les non-dits, donner l’occasion de s’émouvoir ou de se reconnaître, au mieux alimenter sa réflexion.

Elo c’est mon surnom. Elo pour Eloïse, et le nom c’est Plantrou. Parfois je le transforme en quelque chose de plus harmonieux à l’oreille, parfois je brouille les pistes en mélangeant les lettres ou en prenant le nom de ma grand-mère, Loisel.
Le Clapotis d’Elo c’est quand je donne de la voix, c’est la vitrine. J’aime la voix pour ce qu’elle raconte, mais aussi pour tout ce qui ne s’explique pas, le subtil. Celle des autres, la mienne. Quelque chose me lie à l’élément eau, d’où le clapotis, des sons dont l’intensité varie en fonction du passage, en fonction de l’objet, en fonction du choc.

Je suis deux chemins : l’écriture et la radio. J’écris et je fais de la radio, les frontières sont poreuses, les pratiques font des allers et venues, elles se croisent et se superposent, ça donne des éphémères et des gravés dans le marbre, des écritures portées à voix haute, des performances poétiques en live ou sur les ondes. Donner de la voix c’est protéiforme, c’est polyphonique, c’est toujours un bout de moi.

L’écriture me colle depuis l’enfance. Je ne parviens plus à la dissocier de la lecture à voix haute, ou comment porter haut ce qui se trame au plus profond. C’est intime parfois, c’est les autres parfois, c’est dedans, c’est vers les autres. J’écris pour raconter, je m’adresse, je prolifère, je suis passée par plein de supports, éditos, articles, poésie, et tout ce à quoi je me targue de ne pas mettre d’étiquette. Ecrire c’est ma manière de supporter, c’est ma traduction du monde, de mon monde, c’est mon langage, vital. Je participe à des ateliers d’écriture depuis près de quinze ans, j’y trouve un espace, une inspiration, une discipline. Je les considère comme un laboratoire, l’occasion de tester, trouver, déchirer, de rencontrer aussi, d’autres plumes et d’autres voix. J’ai été formée à deux écoles* pour en animer.
L’écriture est mon espace d’expression, la lecture à voix haute est la pulsation, le grain, c’est ce qu’il se passe quand les corps se suspendent aux mots. La lecture à voix haute donne une âme au texte, elle le « met debout » comme dit Claire Terral, formatrice que j’ai eu la chance de croiser sur mon chemin. Je prends un plaisir fou à la pratiquer en radio ou en live, et je suis toujours avide de la décortiquer en ateliers et formations**. J’ai cocréé la maison Trois Petites Truites Editions en 2018, qui publie des textes poétiques le plus souvent. Je mets beaucoup d’énergie dans cette maison artisanale, associative, locale, qui met en lumière des auteur.ice.s locaux.les et méconnu.e.s, et qui a à cœur de rendre la poésie vivante en organisant des événements. En 2023 j’ai créé « Ma belle-mère elle a dit » avec le musicien Franz Velliet, une proposition scénique mêlant lecture à voix haute et ambiances musicales.

Je trempe dans la radio depuis presque 20 ans (on est en 2023), je l’alimente et je l’écoute. J’ai d’abord fait des études de journalisme*** et je traîne pas mal dans le milieu des radios associatives où j’ai longtemps été salariée. J’ai découvert le documentaire sonore de création que je pratique à condition d’y mettre mes tripes, je m’intéresse de près à l’éclosion (que dis-je, l’explosion!) du podcast, et je garde une oreille ouverte sur ce qui se trame ailleurs.
Je considère l’apprentissage comme nécessaire et perpétuel, j’ai suivi des formations pour me perfectionner****, j’ai tout payé de ma poche parce que Pôle Emploi ne comprenait pas, j’ai rencontré des personnes super avec qui j’ai lié des amitiés parce que faire de la radio c’est pas juste mon métier.
Ces dernières années j’ai eu envie de rendre l’expérience d’écoute plus accessible, alors j’ai organisé des séances d’écoute régulièrement dans des lieux variés de la vallée de la Drôme avec la radio associative où je travaille, et puis j’ai co-créé le festival Ecoute(s) de Grenoble en 2018 avec une équipe de mordus, une aventure de fou à laquelle je tiens fort.

Sur ce site je partage des créations, des propositions dont je suis plus ou moins fière, plus ou moins récentes, j’expérimente. Dans mes créations je donne beaucoup la parole. J’aime les sujets qui froissent parce qu’ils suscitent le débat, les réflexions intimes parce qu’elles sont politiques, j’aime la parole vraie, au-delà des tabous, j’aime la musique et la musique des voix.
2023 a annoncé la multiplication d’expériences du live. Le vivant. Le partage de mes textes par ma voix accompagnée. Laisser mes mots se faire porter par d’autres esthétiques, les faire résonner encore plus fort.

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– Université Lyon II avec Isabelle Sarcey, Lyon, 2012
– Groupement d’Education Nouvelle avec Yves Béal, Mens, 2013

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– «  Orchestre de lecteurs » avec Laurence Cernon du Crefad, Lyon, 2018
– « Ecriture et mise en voix » avec Brigitte Gardet et Stéphanie Quérité, Crest, 2019, 2020, 2021
– « Lecture à voix haute » avec Claire Terral du Crefad, Lyon, 2022

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– Master information-communication spécialité journalisme radio, Institut de la Communication et des Médias, Université Stendhal Grenoble, 2007

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– « Le documentaire sonore de création » avec Kaye Mortley, Phonurgia Nova, Arles, 2012
– « Architectures sonnantes » avec le laboratoire CRESSON, école d’architecture de Grenoble, 2012
– « Patrimoine sonore européen » avec le laboratoire CRESSON, école d’architecture de Grenoble, 2013
– « Extended interview » avec Alessandro Bosseti, Phonurgia Nova, Arles, 2014
– « L’art du mixage » avec Baptiste Etchepareborde, Phonurgia Nova, Arles, 2015
– « Radio et éducation populaire » avec Vent Debout, Gaillac, 2016
– « Ecrire un documentaire radiophonique » avec Christophe Deleu, CNA, Luxembourg, 2017